Définition :
On appelle généralement gravure les dessins faits, avec des outils, sur des matières qui offrent de la résistance. On dit en effet, la gravure sur pierre, pour indiquer le tracé en creux de figures ou d'inscriptions sur des matières calcaires ou d'autres roches ; la gravure sur pierre dures ou fines pour désigner une sorte de sculpture en creux, en bas-relief et en ronde-bosse ; la gravure en médailles, qui doit plutôt se rattacher à l'art du sculpteur qu'à celui du graveur ; la gravure sur bois sur des planches ou sur des cylindres pour l'impression des étoffes et des papiers de tentures ; la gravure sur métaux, pour les cachets, les armoiries, les ornements, les bijoux et les pièces d'orfevrerie ; la gravure sur cristaux...
 
Gravure au burin
En Allemagne, la première gravure au burin est attribuée à Martin Shoen de Culmbach, dont on connaît une estampe datée de 1442, représentant au premier plan une Sibylle montrant à Auguste l'image de la vierge dans les airs, et au loin la ville de Culmbach . Une des plus ancienne taille-couce connue est la Vierge et l'Enfant, de 1461. Ceci démontrerait que la gravure était connue en Allemagne avant que Finiguerra l'eût inventée en Italie.
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Gravure du calendrier
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En Italie, Maso Finiguerra, orfèvre de Florence, estgénéralement regardé comme l'inventeur de la taille-douce. Il commença en 1460. Il eut comme contemporains, Baldini et Botticello. Les premières épreuves de ses gravures sont perdues. Cependant il reste un calendrier de 1465 et 1517, dû au burin de Finiguerra. Il n'y a pas de livre orné de gravures sur cuivre avant 1481 ; à cette époque parut le Missale Herbipolense.
En France,Le premier livre français où l'on trouve des planches gravées sur cuivre a été imprimé à Lyon en 1488 ; c'est la Pérégrination de Oultremer en Terre Sainte, par Nicolas le Huen. Le premier français qui se soit servi du burin est Jean Duvet, né à Langres en 1510. Vinrent ensuite le Petit-Bernard, né à Lyon en 1512, dont la première édition de sa Bible date de 1550 ; Etienne de Laulne, dit Stephanus, né à Orléans en 1590 ; Noël Garnier, en 1520, qui donna 48 gravures sur les arts, les sciences et les metiers. Le peintre et sculpteur Jean Cousin s'est aussi distingué par ses estampes.
Aux Pays Bas, Lucas de Leyde (1494-1533) fit le premier la gravure au burin et à la pointe, sa plus ancienne estampe est le Uylen-Splegel, gravée en 1520.
En Angleterre, Le premier livre anglais orné d'estampes est le Birth of Mankind de Jean Reynolds, paru en 1540 ; mais il est démontré que l'origine de la gravure au burin en Angleterre remonte en 1490.
La plus ancienne gravure sur métal en relief est le Saint-Bernardin de Sienne, gravé au crible, en 1454, et conservé à la Bibliothèque nationale.
Gravure sur bois
La gravure sur bois date d'une haute antiquité. Ange Roccha, dans sa Bibliotheca vaticana illustrata (Rome, 1591) dit que l'usage de l'imprimerie tabellaire était connue en Chine, plus de 300 ans avant l'ère chrétienne. Les planches xylographiques sont encore en usage en Chine. Les Chinois n'ayant pas d'alphabet, ont 42 000 signes pour exprimer toutes les nuances de leur langue, il serait donc impossible de composer l'écriture chinoise en caractères mobiles.
On a attribué aux Arabes l'invention de l'imprimerie xylographique, c'est à dire au moyen de planches de bois gravées en relief. On trouve en effet, verls la fin du premier volume de l'Ihathet, dans la biographie du savant Aboubekr-el Vellosi, le passage suivant : "il dédia au vizir Alhaquim un livre sur les propriétés et la fabrication de l'encre et les instruments de l'imprimerie, et c'est un livre singulier par son contenu."
La gravure typographique sur bois, a été créée pour la gravure des cartes à jouer. Il est donc intéressant de connaître l'origine des cartes. Elles nous viennent d'Allemagne. Un livre, das Guldenspiel (le jeu d'or) de Gunther Zainer imprimé à Augsbourg en 1478, dit que les cartes ont été connues en Allemagne en 1300.
La plus ancienne gravure sur bois portant une date, a été découverte en 1841, dans un vieux coffre à Malines ; elle porte la date de 1418 ; elle mesure 40 cm de haut, 26,5 de large et représente la Vierge et l'Enfant Jésus dans un jardin entourés de 4 saints.
Vient ensuite la gravure d'un Saint Christophe faite en Allemagne et datant de 1423 ; celle d'un Saint Bernard, gravée probablement en France par Milnet en 1445. Après les cartes, on grava des images saintes.
Quelques graveurs ajoutèrent des notices à ces gravures, en bas ou à côté, et c'est ainsi que naquit l'impression xylographique. Plus tard, on grava des textes et des ouvrages entiers, au moyen de planches gravées, portant, en relief, les caractères. Une trentaine d'ouvrages xylographiés ont été conservés .Par exemple, le Miroir du salut est un ouvrate qui avait été écrit en latin, format petit in-folio, dans le XIIIe siècle, par un moine de l'ordre de Saint Benoît, il fut depuis traduit en allemand, en flamand, en français-gaulois, en anglais, en saxon-danois, et gravé sur planches fixes et en caractères mobiles en bois. Fournier compte 6 éditions de cet ouvrage publiées pendant le XVe siècle .
A la xylographie tabellaire, succéda la xylographie avec des caractères mobiles, en bois, portant chacune une lettre spéciale gravée en relief. Selon quelques auteurs, ce procédé fut inventé, vers l'an 1437, par Laurent janszoon Coster, à Haarlem.
On peut assigner aux livres xylographiques le XVe siècle, entre 1400 et 1490, comme période pendant laquelle on les grava et on les imprima ; leur usage ne s'est guère propagé, à cause du temps nécessaire pour la gravure des planches et par conséquence du prix excessif des ouvrages qui en résultaient. un livre xylographique coûtait aussi cher qu'un manuscrit.
En 1467, Ulric Han imprime à Rome le premier livre connu avec des gravures sur bois, qui est : Meditationes Reverendissini patris dui Johanis de Turre Cremata... in folio contenant 34 gravures sur bois enluminées. Jean Burgkmayzer grava 230 belles gravures sur bois pour les oeuvres de Maximilien Ier.
Ci-contre le fac-simile d'une gravure de l'Ars moriendi imprimé à Dresde vers 1473.
Le premier graveur sur bois a été Guillaume Pleydenwurff qui a fait des dessins de la Bible de Cobourg, en 1483, et ceux de la Chronique de Nuremberg, en 1493. Viennent ensuite Wohlgemuth, Albert Dürer, Cranoch, Burgkmayer, Baldung, Bresang, Kruger, Schauflein, Altdorfer, Hans Holbein, qui a fait la célèbre Danse des morts, Jean Guldemund et Jérôme de Resch.
En Italie, les premiers livres avec gravures en bois furent Meditationes, puis vint en 1488, le Pronostication in latino avec 45 gravures , puis le Monte sancto di Dio de 1477 avec 4 estampes.
Dans les Pays-Bas, le plus ancien livre qui porte des gravures sur bois est : Fasciculus Temporum de 1476, edition de Veldener.
En France c'est la traduction du Speculum humanoe salvationis, imprimé à Lyon en 1478, puis vint la traduction du Belial en 1482.
En Angleterre, c'est la Légende dorée de 1483, de William Caston.
En Espagne la gravure sur bois date de 1493. La Historia de los cavelleros Don Cristalian de Espana, de 1545, renferme beaucoup de gravures.
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